mardi 21 décembre 2010

Pas de violence, c'est les vacances !

Et les vacances de Noël qui plus est ! Le moment de l'année où l'on aime son voisin, où l'on regarde émerveillé la neige tomber avant d'aller faire des bonshommes ou sculptures en tout genre et où l'on arpente les marchés de Noël des étoiles plein les yeux... Ou pour d'autres, le moment où l'on déteste le voisin et sa guirlande qui clignote en rythme sur Mon beau sapin à longueur de journée, où l'on maudit la neige qui a déjà causé X heures de retard, chutes et pieds mouillés et où l'on ne peut plus encadrer les marchés de Noël bondés de monde et de fausse magie. 
Pour moi, il s'agit surtout des vacances pendant lesquelles je suis le plus déconnectée. Depuis le 18, j'ai perdu toute notion de date ou d'horaire avec la douce impression que le temps s'est arrêté. Je vis dans le fuseau horaire du Père Noël avec des petits lutins plein la tête. Je rêve de sapin, bûches au chocolat, vin chaud, édredon douillet et surtout d'une période indéfinie d'hibernation avec mes potes les écureuils.
Et puis parfois j'aperçois au loin les millions de choses réelles que je dois faire et, comme chaque année, j'ai l'impression d'être au pied du Mont Everest. Alors je sais bien que pour les alpinistes, cela représente l'ascension de toute une vie. Mais voilà, je n'ai pas l'âme d'une alpiniste et je reste désespérément en bas de la montagne, en faisant l'autruche des fois qu'elle disparaisse. Ben quoi, le miracle de Noël vous connaissez pas ?

Comme je déborde d'originalité, je souhaite à tous mes lecteurs connus, inconnus, hommes, femmes, androgynes et imaginaires de très bonnes fêtes. Je tenais à vous donner un petit avant goût des hypocrites "Bonne annéééée et surtout bonne santé, c'est le principal" , des "alors, tu as pris des bonnes résolutions ?", des fameux "à l'année prochaine ahahahahah" du 30/12 et des baisers mouillées qui piquent de la famille éloignée qui vous donneront vite envie de vous taper la tête contre un mur. 
Et puis surtout, si vous n'aimez pas cette période, faites au moins semblant pour ne pas passer pour le rabat-joie de service et avoir droit à mille sermons ! Il suffit de dire que la dinde toute sèche du réveillon est délicieuse ou que la fontaine en forme de dauphin offerte par votre chère arrière-grande-tante est exactement ce qu'il manquait à votre intérieur (rassurez-vous ça se revend très bien sur ebay). 
Et si vraiment c'est insurmontable, il est toujours possible de faire croire que l'huître que vous avez avalée ne passe décidément pas bien du tout. S'offre alors à vous une super soirée, affalé dans le canap devant Astérix en compagnie de tous les mômes de la famille !

Bon courage :)
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vendredi 17 décembre 2010

Pieds nus sur les limaces

"Tu dors ta vie. Tu t'es foutue dans un moule et si tu continues tu vas finir comme une tarte. Mais tu vois pas que t'es pas heureuse ?"
[...]
"Clara a fait exactement ce que voulaient les parents. Pour notre père il fallait faire Droit ou Médecine pour réussir sa vie. Elle a fait Droit, j'ai fait Médecine... mais côté malade !"


Tiens j'ai encore jamais parlé de film... Bon puisque celui ci est un énorme coup de cœur, je suis obligée d'en toucher deux mots. L'intrigue est simple, il s'agit de 2 sœurs qui se serrent les coudes après le décès de leur mère. Jusque là rien de bien mirobolant si ce n'est que tout les oppose. Clara mène une vie des plus banales et emmerdantes à Paris avec son avocat de mari alors que Lily vit à la campagne et s'est construit un monde complétement délirant à la Peter Pan. Lily voit la vie en couleurs et fabrique des tonnes d'objets saugrenus avec pour matériel principal la fourrure de petits animaux qu'elle capture ou qu'elle retrouve morts. Elle s'est aménagée un temple de babioles et fantaisies en tout genre dans la cabane à jardin qu'elle appelle son "bureau". Sous ses airs d'enfant naïve, elle cache en fait une grande lucidité sur les relations humaines ainsi qu'un franc parler extraordinaire.


 Ne pouvant pas se résoudre à laisser sa sœur seule après le décès de leur mère, Clara plaque tout pour s'installer avec elle et la materner. Les choses semblent bien simples dans le monde de Lily mais pour y entrer il faut renoncer à son énorme carapace faite de préjugés, d'orgueil, de besoin de réussite, de peur de l'autre. Elle n'a aucune règle, aucune autre limite que celles de son imagination et aucun besoin de plaire à qui que ce soit. Elle ne recherche que les bonheurs simples et ne supporte pas les interdits à la con posés par la société.
Confrontée à des tas de façons d'être qu'elle a intériorisée, Clara a parfois beaucoup de mal à s'adapter et se sent démunie face aux "bêtises" de sa sœur. Mais l'amour qu'elles se portent l'une à l'autre est très fort et va lui permettre d'ouvrir les yeux sur la vie qu'elle a choisi de mener. 


J'ai vraiment adoré ce film parce qu'au fond je rêve d'être cette Lily, libre comme l'air qui emmerde les bien-pensants. Son monde merveilleux est à 1000 lieues des idéaux de la société et des façons barbares d'écraser l'autre pour réussir.
Et puis je dois dire que les scènes à la campagne ont ravivé beaucoup de souvenirs de jeux dans les bois ou dans les champs et de baignade à la rivière. Y'a pas à faire, je ne serai jamais une vraie citadine...

Voilà, il y aurait des milliers d'autres choses à dire sur ce film et je ne peux que vous conseiller d'aller le voir si vous avez envie de rêver 1h30 et de vous échappez de toute cette grisaille ambiante. 


mardi 14 décembre 2010

"Il fallait rester zen, restons

ZEN "



Réveil matin chagrin, j'avais pas fini d'en découdre avec Morphée.
Évier toujours bouché, le Saint-Esprit n'a donc rien foutu de sa nuit.
Bob le releveur des compteurs d'eau, systématiquement en retard.
10 cms de neige sur la bagnole dont 5 qui tombent sur le siège à l'ouverture de la porte... mitaines trempées...froid froid froid.
Un départ à la bourre avec dans la logique des choses, une arrivée à la bourre.
Drame le midi se résumant par l'impossibilité d'avaler le dessert qui me faisait tant envie.
Pas d'accès à la machine à café parce que Robert fête son départ à la retraite et que cela justifie de fermer la bibliothèque pendant 3h et donc de torturer les étudiants qui ne peuvent qu'apercevoir les cafés potentiels.
Maître de stage qui joue au chat et à la souris, risque de pourrir un trimestre entier.
Obligation de passer à la gare avec 0 place de parking à 2kms à la ronde.
Billets PREM's non échangeables, non remboursables... ah ben oui il fallait y penser avant de faire une queue interminable.
Nouveau train avec départ à 7h15 au lieu de 11h30 pour un léger énorme surplus. Morphée va pas aimer.
Retour à la case départ, évier encore et toujours aussi bouché, Saint-Esprit toujours aussi faignant... Songer à la solution Destop.

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Réglage de compte au Père Noël en chocolat, sourire retrouvé !



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samedi 11 décembre 2010

"Lire un livre prêté lie." [Réjean Ducharme]

Il n'y a pas longtemps, en me baladant dans Nancy, j'ai découvert une minuscule librairie d'occasion tenue par une mamie. J'y ai donc fait des affaires en me promettant d'y repasser souvent. Et puis finalement, je crois que je préfère largement acheter un bouquin d'occasion qu'un neuf. Ça me plaît bien de me dire que quelqu'un l'a lu avant moi, que le livre a déjà une petite histoire.
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Aujourd'hui, je suis retournée dans cette librairie et j'y ai choisi 3 bouquins, tout jaunis. A leur odeur, je pense qu'un a dû passer pas mal de temps dans une cave avant d'arriver chez moi,  un autre était certainement sur l'étagère d'un fumeur et le troisième a une odeur assez typique de bibliothèque. En feuilletant ce dernier, j'espérais justement qu'il me "parle" un petit peu, je me demandais si je pouvais trouver une quelconque trace. Et bien, je ne sais pas si j'ai eu une intuition mais j'ai été servie. Sur la deuxième page il y a une dédicace de l'auteur, pour un certain Arnaud. Cet auteur, ça n'est pas n'importe qui puisqu'il s'agit de Robert Sabatier et de son célèbre roman Les allumettes suédoises. Mon cœur n'a fait qu'un bond, je trouve ça juste énorme ! J'ai donc eu pour une bouchée de pain un bouquin qui en réalité a une grande valeur (je ne parle pas de valeur financière ici).
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Passée la surprise, je me demande maintenant pourquoi cet Arnaud a choisi de se débarrasser de cet ouvrage, si petit par la taille mais si grand par le contenu. Ça n'est quand même pas possible qu'il ait oublié cette dédicace ! Il aurait pu le garder, même tout au fond d'un placard, juste pour savoir qu'il était là, à sa portée. Me voilà encore partie pour imaginer mille histoires improbables...
En tout cas je n'ai pas doute sur le livre que je vais commencer en premier. Et je suis aussi persuadée que celui-ci, je ne suis vraiment pas prête de m'en défaire.

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vendredi 10 décembre 2010

L'art abstrait du langage

Je sais, le langage en soi est déjà une abstraction etc etc mais ce n'est pas de linguistique que je veux parler ici. Il y a des moments (et j'espère ne pas être la seule) où j'ai l'impression de ne rien saisir à ce qu'on me dit, un peu comme si mon interlocuteur s'était subitement mis à parler Russe. Plutôt que de penser que j'ai un problème de compréhension, je préfère me dire que certains parlent un langage étrange, un langage abstrait.

D'abord il y a le langage abstrait qui ressemble à ça :


On entend des mots, pas trop compliqués, qui mis ensembles semblent former des phrases tout ce qu'il y a de plus banales. Jusque là tout va bien sauf qu'à bien y réfléchir, le sens de tout cela n'est pas des plus évidents.C'est par exemple ce que je ressens à l'écoute de Banco des Têtes Raides : 

"Une chaise s'est assise sur ma tête
Ma vie ne tenait plus qu'à une assiette
J'ai dit Banco
Je m'en ferai un chapeau
Tous au galop
Faut qu'on se réveille bientôt"

Ok....Bon en creusant un peu, on parvient à comprendre faire des liens et à se forger une interprétation très...personnelle.

Dans cette même lignée il y a aussi des moments où ça ne veut absolument rien dire mais où c'est très con et donc très drôle (je pense au kakamou kakamou kakamoulox ). 

Mais il y a aussi le langage abstrait capillotracté :



Aaaah l'abstrait à l'état pur, les gens qui parlent en utilisant des mots, tournures de phrases, idées et références qu'environ 0,01% de la population peut comprendre. On a beau écouter, se concentrer, tout tenter pour trouver du sens, y'a rien à faire... C'est comme essayer de défoncer une porte blindée, on se fait mal au crâne, en vain. Il y a plusieurs solutions face à cette situation : faire semblant de suivre en ponctuant la "conversation" de quelques "ah, oh, ah oui, d'accord", noter consciencieusement ce qui est dit s'il s'agit d'un cours, dans l'espoir fou de comprendre plus tard ou, dans les cas extrêmes, simuler un malaise/étouffement/oubli d'un rendez-vous important et s'arranger pour ne plus jamais rencontrer l'interlocuteur. 

Une autre forme courante de l''abstrait, c'est le "ni vu ni connu j'embrouille" :


Ça ne paie pas vraiment de mine mais ça hypnotise et met le cerveau dans une espèce de stand-by infernal. C'est le langage faussement concret des politiques. Ils parlent "la langue du peuple" pour se mettre au niveau de Robert qui boit sa bière devant la télé et qui tombe tout à coup sur un discours super important (ouh j'ai honte de mon cliché). Donc on a l'impression de suivre les idées, on adhère tellement tout cela semble simple et évident ! Le politicien réfléchit pour nous, il ne reste plus qu'à acquiescer. C'est dangereux ça et il faut de l'entraînement pour remarquer que la douce mélodie qu'on nous chante n'est qu'un tissu de conneries parfois très loin de la réalité...


Enfin, ma forme préférée, c'est l'abstrait junior :


Il s'agit ici de placer le maximum d'idée en un minimum de temps. Tant pis s'il n'y a aucun lien entre la maîtresse, le Père Noël, la voiture de tonton Gilbert et la chouette dans Harry Potter. Il faut parler parler parler parler et parler encore. C'est là qu'on se dit que c'est quand même super giga méga cool d'avoir 4 ans !

mardi 7 décembre 2010

Ba mwen an ti punch !

Hier j'ai longuement fixé mon paquet de sucre de canne avec une profonde nostalgie. La raison ? Non il ne me manque pas une case (quoi que)... en fait il est simplement écrit dessus « en provenance de la Réunion ». Proust a sa madeleine, j'ai mon sachet de sucre...
Dans le passé, j'ai eu la chance de partir à la Réunion puis dans les Antilles à plusieurs reprises. Alors dans une période comme celle-ci, avec au menu brouillard-trombes de pluie-tas de neige à moitié fondue-pieds trempés, j'ai l'impression d'avoir le  « mal du pays ». C'est peut-être étrange parce que ce sont des endroits dans lesquels je n'ai jamais vécu mais, par moments, je crève d'envie de retourner là-bas...
D'abord, les odeurs me manquent terriblement ; celles des marchés qui étalent leurs mille épices (que l'odeur du curry soit bénite), celles des fruits frais gorgés de soleil et surtout, celles de la végétation après la pluie. Là-bas la pluie est un moment magique, bien loin de cette bruine glacée d'ici qui peut tomber des jours durant. C'est une pluie qui arrive souvent sans crier gare et qui nous assomme tellement elle est puissante. On se trouve alors pris au délicieux piège d'un rideau de pluie. Elle est tiède et c'est un plaisir que de se laisser tremper, le visage tourné vers le ciel. Et puis, quand après quelques minutes de douche le soleil repointe le bout de son nez, la végétation nous livre toute une palette de savoureuses odeurs. C'est réellement enivrant, parfois j'arrive presque à me souvenir parfaitement de cette odeur particulière.
Et puis il y a l'océan... L'océan qui se déchaîne et vient s'écraser contre les rochers, rappelant qu'il a pris la vie de beaucoup de personnes. A la Réunion en particulier, il peut être très violent et j'avais été marquée par un endroit où les amoureux éconduits allaient se jeter dans les flots. Je me rappelle bien la croix sur un des sombres rochers, symbole de toutes ces âmes perdues. L'océan qui à d'autres endroits est aussi calme et imprévisible qu'un chat endormi. L'océan aux mille couleurs et à l'eau transparente qui nous offre une faune et une flore sous-marines juste incroyables. L'océan que l'on devine grâce au va-et-vient régulier des vagues une fois la nuit tombée; qui est alors mystérieux et se transforme en une immensité noire légèrement angoissante. L'océan sur lequel naviguent des voiliers gigantesques et de grands ferrys dont on peut s'amuser à imaginer la destination. L'océan qui donne une incroyable sensation de liberté et d'aboutissement au coucher du soleil.
Et puis il y a la chaleur que le vent fait danser, elle est  douce et enveloppante comme une cocon. Cette chaleur qui est aussi dans le cœur des gens et qui nous fait oublier nos chagrins.
Et puis il y a le rythme de vie où chaque instant s'étire à l'infini, qui ne connaît pas le mot « stress » pourtant martelé par la société. Là-bas la vie dure 1000 ans alors qu'ici nous nous réveillons un beau matin pour mourir le soir même, à bout de souffle.

En me relisant je me rends compte que cet article ne me satisfait pas. Je n'arrive pas vraiment à exprimer toute la sérénité que j'ai pu ressentir là-bas, et je crois que comme pour beaucoup de choses, il faut le vivre pour le comprendre. Souvent je me demandais si tout cela était réel, à chaque voyage je me suis pincée au moins une fois...au cas où...

Voilà donc mes rêveries actuelles, desquelles je suis violemment extirpée par le froid ambiant et cette vie qui va à cent à l'heure. Mais d'ici quelque temps, il ne tiendra qu'à moi de choisir entre le rêve et la réalité !


Photos prises à la Réunion, 1995

samedi 4 décembre 2010

"Mon nom est Hyde, Mister Hyde"

On a tous en soi (quelque chose de Tennessee) un peu de Mister Hyde non ? En tout cas moi je me transforme souvent en quasi monstre sanguinaire.


Les pires moments sont très certainement ceux où je suis au volant. Tout le monde en prend alors pour son grade, aussi bien les piétons que les autres conducteurs ou les cyclistes que les feux rouges. 
Aussitôt la voiture démarrée, je deviens donc un bûcheron -sans la hache hélas- pour quelques minutes ou quelques heures en insultant environ 50% des gens que je croise. Heureusement pour moi ils n'entendent généralement pas... sauf si ma fenêtre est ouverte ou s'ils savent lire sur les lèvres. Mais je n'y peux rien, les autres conducteurs n'avancent pas,  ne mettent pas leur clignotant, font des queues de poisson, klaxonnent à tout va... les piétons ne font attention à rien et se jettent sous les voitures...  les vélos prennent autant de place qu'un semi remorque et se déplacent aussi rapidement qu'un escargot paralysé  ! Et là où je suis mauvaise, c'est que si un conducteur m'a emmerdée ou klaxonnée et qu'il a le malheur de rester à proximité de moi pendant un moment, je lui pourris la vie autant que possible (par exemple en roulant à 30kms/h quand il n'y a qu'une voie s'il est derrière ou en le collant au maximum s'il est devant... oui c'est horrible). 
Ainsi, chaque jour je me rends à la fac, les yeux exorbités et injectés de sang, avec les cheveux tout debout sur la tête, prête à mener un combat psychologique contre un bon paquet de Nancéens. 

Ce qui m'achève, c'est quand je m'aperçois en rentrant que ma place de parking est prise et qu'il n'y a pas une seule place dans les rues voisines. Ce qui m'achève puissance 1000 c'est lorsque je reconnais la voiture incriminée comme étant celle d'une femme à qui j'ai déjà signalé x fois qu'elle devait se garer ailleurs.
J'imagine alors que je pourrais lui dégonfler les pneus pour commencer puis briser 3 bonnes douzaines d'œufs sur la carrosserie impeccable avant de l'enrouler dans des dizaines de rouleaux de papier toilette... J'imagine que je pourrais appeler Chuck Norris pour qu'il vienne péter la tronche de la propriétaire. J'imagine que je pourrais la livrer à une tribu cannibale et la regarder se débattre vainement  au moment où serait mis le feu sous la marmite dans laquelle elle est ligotée... J'imagine j'imagine... et quand je la croise finalement, je lui dis entre quatre yeux cette phrase assassine, sur mon ton le plus redoutable : "Bonjour, excusez-moi, vous vous êtes encore garée par mégarde sur ma place... vous pourriez éviter s'il vous plaît ? merci beaucoup, bonne journée  :)".
Et oui, quand arrive la "confrontation" je fais très souvent une bien piètre Mister Hyde !


 

dimanche 28 novembre 2010

"Je continuerai à saluer la femme à barbe du premier, même si elle ne me répond jamais"

Il est de ces albums 
que l'on écoute et réécoute jusqu'à plus soif, que l'on connaît sur le bout des doigts et qu'un jour on oublie sous une pile d'autres albums tout beaux tout neufs. Voilà ce qui est arrivé à l'Amour Parfait dont j'entends parfois une chanson par-ci par-là  mais que je n'avais plus réellement écouté depuis des mois.
Ce matin je cherchais quelle musique pourrait accompagner un bon bain et l'Amour Parfait s'est présenté à moi comme une évidence. Je me suis donc replongée dans cet album et, chose incroyable, c'est comme si je le redécouvrais. 
Je ne suis pas douée pour parler de musique mais tant pis.

D'abord j'ai été ravie de la retrouver, cette musique.
J'avais presque oublié à quel point je suis raide dingue des parties de violons; quand ils accélèrent leur tempo en même temps que mon rythme cardiaque dans Il y a une question et dans Le Grand jour, quand ils se font pesants et me serrent les tripes dans Tes désirs font désordre et Tout va bien, quand ils sont plus discrets mais incisifs dans Dolorosa... 
Et le piano ! Ce piano qui garde ce rythme si régulier et lent comme pour marquer le temps qui passe inexorablement dans Tout va bien, ce piano qui est à la fois si présent et si distant dans l'Amour Parfait...
Et puis il y a Différent, inqualifiable tellement j'aime la partie instrumentale à la fin.

Cette musique est habillée par des textes puissants
à moins que ça ne soit la musique qui habille les textes. Difficile à dire mais c'est un fait, l'harmonie est là. Aujourd'hui je les ai perçus d'une nouvelle manière, certaines phrases ont résonné en moi alors que je ne les entendais pas vraiment auparavant. 
Alors pour le plaisir (comme dirait Julien) je ne peux pas m'empêcher de citer 10 échantillons de textes un petit peu au hasard parmi ceux que je préfère. 

"ma mémoire est un scaphandrier qui suffoque tout au fond de la mer, il pleure sur le trésor qu'il ne remontera jamais, ma jeunesse est morte hier"

"Aujourd'hui je marche au milieu du troupeau, comme les autres fantômes sans folie mais... tout va bien, tout va bien"

"je m'habille de ténèbres, tu éclabousses de bonheur"

"ça vaut le coup d'oser s'aimer, maintenant peut être trop fort, mais d'y croire jusqu'au bout"

"je n'ai rien d'autre à faire que de suivre n'importe qui n'importe où ailleurs"

"peut-être es-tu le diable, et après ?"

"le bien est aussi insipide que le mieux"

"histoire d'en vouloir un peu plus à cette putain de vie qui n'aura épargné que les amputés du cœur, et parfois moi aussi"

"mais quelle idée as-tu eu là, m'oublier au bord comme ça ?"
 
"Notre amour fatigué s'est allongé tout seul dans le vieux corbillard, et deux chevaux dociles l'amènent un peu plus loin mourir; quel cafard !"
 


vendredi 26 novembre 2010

Zap zap zapping (sur l'air de mo mo motus)

Aujourd'hui, alors que mon amie la Télévision apportait un fond sonore et lumineux à mes longues heures de "boulot" j'ai encore eu la preuve qu'on nous prenait un peu pour des cons.

D'abord les infos... bon j'avoue que moi aussi j'ai été surprise pendant 5 minutes hier et que j'ai mis un peu de temps à réaliser le retour de cet exceptionnel phénomène, si inattendu à cette période de l'année. OUI, tenez vous bien,  il a neigé tadaaaaaam ! Et comme -ô surprise- ça risque de se reproduire un certain nombre de fois dans les mois qui viennent, je pense boycotter les JT. Je ne veux plus subir les images de mamie Simone qui hésite franchement à marcher jusqu'à la boulangerie parce que, par un étrange concours de circonstances, la neige ça glisse. Je ne veux plus entendre parler de ces milliers de malheureuses voitures qui patinent alors que Robert le facteur et Germaine l'infirmière libérale se rendent à leur travail envers et contre tout, bravant le déchaînement des éléments. 

Après ce JT qui m'a montré la véritable face du monde,
j'ai poursuivi mon aventure télévisuelle avec une émission que je n'avais plus vue depuis un certain temps. J'ai tout de suite remarqué le changement d'animateur puisque le précédent a révélé publiquement qu'il était tombé dans la neige (décidément). Le brun à lunettes est donc remplacé par la blonde à pas lunettes mais heureusement on n'a rien perdu du concept de l'émission. Sujet du jour : "when I was a child I was a jedi" ou "quand j'étais petite j'étais tellement laide qu'on me jetait des pierres" (bon j'ai légèrement modifié le titre mais c'était l'idée). Il y avait donc un panel consciencieusement choisi, composé d'une ancienne gros nez, d'une ancienne grosse tout court et d'une ancienne trop maigre aux cheveux trop bouclés. Pour être sûr qu'on visualise bien à quel point elles n'étaient pas gâtées, on a même eu droit aux photos d'époque ainsi qu'à de magnifiques coups de couteau dans les plaies (du genre l'animatrice qui prend un air très compatissant pour poser des questions comme "qu'est ce que cela vous faisait quand on vous appelait grosse vache ?").  Enfin qu'on se rassure, maintenant c'est du passé et elles sont jolies ou refaites, fallait donner de l'espoir... et désolé pour ceux qui ont été, sont et seront moches toute leur vie, vous pouvez quand même aller en parler sur le forum de l'émission ! Il y avait aussi une psychologue pour nous affirmer que ces filles avaient eu une sale enfance et donner une touche intellectuelle à cette émission.
Ce fut une belle leçon de vie, on a enfin pu voir la vérité toute nue et se prendre toute cette innommable souffrance en pleine tête. 
Ou pas.

Plus tard, j'ai tellement médité sur tout ce que j'avais appris que j'ai un petit peu détourné mon attention pour me concentrer sur d'autres choses. Mais tout à coup, j'ai été violemment rappelée à la réalité télévisuelle par  
ça
Aaaaaaaaah oui je sais c'est horrible, s'il y a bien un générique qui donne envie de se pendre, c'est celui là ! Personnellement il m'évoque l'Ennui à l'état pur...un dimanche après-midi tout gris...dans la salle à manger froide et glauque...de l'arrière-grande-tante qui est à moitié endormie sur le canapé...avec en fond sonore le martèlement des secondes....par l'horloge qui allonge le temps à l'infini (oui ça m'évoque tout ça et des millions de points de suspension)
Pour ma propre survie j'ai donc dû me résigner, j'ai fait cesser la torture et j'ai fait taire
le Gourou Télévision.

*
 Franchement, après ce zapping de l'horreur, qu'on ne me dise plus jamais que Garfield, Titeuf, Scooby Doo ou encore le Marsupilami sont des programmes sots ou peu dignes d'intérêt ! Nan mais oooh !

*

mardi 16 novembre 2010

J'ai dix ans, je sais que c'est pas vrai...

...mais j'ai dix ans

quand je me retrouve au beau milieu d'une boutique Haribo avec des milliers de bonbons autour de moi

quand je me pose des questions tordues

quand je déballe les jouets que je viens d'acheter

à Noël quand en faisant le sapin j'accroche la boule moche que j'avais fabriquée à l'école

à Noël encore, quand il neige et que je vois les vitrines et les décorations des centres villes

quand je revois mes "cabanes"

 tous les matins quand les dessins animés sont la seule chose que je peux voir, entendre et comprendre

quand je ne peux pas m'empêcher de rire après avoir fait une connerie

 quand je vois la mer 

 quand je suis malade et que j'exagère un petit peu sur la gravité de mon état

quand il fait moche et que je bois un chocolat chaud emmitouflée dans un ou deux plaids en polaire

[...]

j'ai un petit peu tous les jours dix ans


samedi 13 novembre 2010

Feu Le Gai Relais

Chaque semaine ou presque 
je prends la route pour rejoindre la ville où j'étudie et, chaque semaine ou presque, je passe devant Le Gai Relais. "Mais qu'est-ce ?" me direz-vous ! Et bien à vrai dire je n'en sais fichtrement rien mais voilà 4 années que cela m'intrigue. Perdu au beau milieu de la campagne, Le Gai Relais a un aspect de restaurant de routiers établi dans un préfabriqué. Derrière ses grandes vitrines on aperçoit un bar, des chaises et des tables en bois couvertes de jolies nappes rouges et blanches à carreaux. Une grande enseigne nous annonce qu'il s'agit du Gai Relais. Tout un programme ! Alors je m'imaginais un restaurant bruyant, qui ne désemplit pas et où l'on entend des grivoiseries et autres blagues qu'on n'est en mesure d'apprécier seulement quand la route fait partie de notre quotidien. Un restaurant où se retrouvent ponctuellement Jacques, André et Marcel, collègues depuis vingt ans, pour se raconter les dernières nouvelles de France et de Navarre derrière un bon verre de vin (enfin de piquette, enfin non d'eau, ils sont routiers mince !). Je visualisais le patron, ami de fortune de tous ses clients, toujours derrière le bar en train d'essuyer des verres usés.
Bref j'imaginais un lieu plein de vie et gorgé de souvenirs.

Seulement voilà, 
depuis 4 ans je n'ai jamais aperçu un seul client à l'intérieur. Que des chaises et tables aux nappes rouges, désespérément vides mais toujours aussi impeccables. Où sont Jacques André et Marcel ?? Qui entretient ce restaurant, pour quoi, pour qui ? Y-a-t-il âme qui vive là-bas ? Voilà les questions que je me suis longtemps posées.

Et puis un jour, il y a eu un très grand bouleversement, je n'en ai pas cru mes yeux : il y avait eu du mouvement autour du Gai Relais  ! Oui ! "Gai" a été effacé, rayé, hachuré violemment ! Le Gai Relais n'est plus que Le Relais, restaurant de routiers désert en pleine cambrousse.

Alors j'ai décidé qu'on ne m'y prendrait pas deux fois; puisque je ne comprends pas j'ai développé ma propre théorie sur cet endroit. Le coup du restaurant, ça n'est rien d'autre qu'une couverture pour éloigner les soupçons : feu Le Gai Relais doit posséder une cave secrète où se retrouvent les plus grands criminels en cavale. Ils ont supprimé "gai" parce quand même, faut pas pousser mémère dans les orties, c'est pas le monde des bisounours chez eux. 
Je passe donc toutes les semaines ou presque devant le lieu le plus dangereux de France et j'interdis quiconque de m'affirmer que ça n'est rien d'autre qu'un restaurant de routiers sinistré !



mardi 9 novembre 2010

Bienvenue sur les réseaux (a)sociaux.

Oui, je suis gonflée de commencer avec ce titre étant donné que je passe moi-même beaucoup de temps sur le plus célèbre d'entre eux, j'ai nommé... non je vais pas le nommer, tout le monde voit de quoi il s'agit. Ça n'est donc pas un article donneur de leçon (ça serait l'hôpital qui se fout de la charité), c'est plutôt un constat personnel.

Alors voilà, ce site m'exaspère de plus en plus ! Sérieusement c'est quoi cette manie d'être « ami(e) » avec des gens qu'on ne connaît ni d'Eve ni d'Adam, qu'on a croisé une fois à la fête de machin ou pire, qu'on ne peut tout simplement pas encadrer ? Aller il faut avouer, qui n'a jamais accepté une invitation d'une personne détestée juste dans l'espoir de grappiller 2 ou 3 informations croustillantes ou de s'assurer que sa vie n'est qu'un ramassis de banalités ? (NB si je suis la seule, alors je suis vraiment une pourrie). C'est ce point là qui m'ennuie le plus, facebook (ah merde je l'ai nommé) c'est l'endroit où tout le monde espionne son voisin dans une espèce de consensus hypocrite. Je n'ai jamais été autant au courant de la vie de -presque- inconnus depuis que je suis inscrite sur ce site. C'est ça un réseau « social » ?

C'est aussi un petit peu The place to be, c'est parfois effrayant de se rendre compte à quel point les gens non inscrits sont largués à 15 miles ! Alors que ça fait 1h 24min et 35 secondes que « Pamela n'est plus en couple avec Brian » et est passée à « c'est compliqué avec Jason », tout le monde est au courant et y va de son commentaire (virtuel ou non) sauf ceux qui ont décidé qu'en fait, une vrai vie sociale, c'est mieux. Et puis ces derniers passent à côté d'autres infos capitales : ils n'étaient pas là quand Untel a annoncé en direct live qu'il avait trouvé un poil dans son hamburger au macdo, ils n'ont pas vu la fameuse photo de ceux qui ont fini à poils dans la fontaine lors de la dernière soirée... Non vraiment, ils sont aussi au courant de ce qu'il se passe autour d'eux que s'ils vivaient à Ouagadougou .

Encore une fois, oui, je suis vraiment mal placée pour dire tout cela mais après tout, c'est en tant qu'utilisateur qu'on se rend le mieux compte des choses. Finalement je crois que ce qui m'emmerde le plus dans cette histoire, c'est mon incapacité à supprimer pour de bon mon compte et à faire une croix sur cette omniscience un peu malsaine. Il y a des tas d'autres façons de prendre des nouvelles de ses amis (à commencer par le pigeon voyageur) et si mon seul lien avec certaines personnes réside dans le fait qu'on est « ami » sur facebook, alors autant considérer que cette relation est basée sur du vide. 

Fin de l'article, ça fait un moment que je ne suis pas allée surveiller mes notifications !

samedi 6 novembre 2010

"Rien de tel (qu'une petite chanson)"

Ce matin j'avais envie de parler de musique alors je me suis dis "tiens si je le faisais d'une façon pas du tout originale ?". Me voilà donc lancée dans cette activité chronophage et totalement inutile, certainement dans le seul but d'esquiver une autre activité tout aussi chronophage mais peut-être un petit peu moins inutile (bosser sur mes cours).

En voici le résultat -qui tout compte fait ne me convient pas beaucoup- mais qui au moins m'aura permis de repousser à plus tard ce que je pouvais faire ce matin.
 

3 chansons pour me donner la pêche :
Ça c'est vraiment toi  Téléphone.
Marions nous au Soleil Babylon Circus.  
Tête en l'air Aldebert.

3 chansons pour m'émouvoir :
Une fortune de mer Miossec.
Irène Thomas Fersen.
Je suis de celles Bénabar

3 chansons pour me vider la tête :
Mister H Inna Modja
Slow Slow Ayo
New Soul Yael Naim
                                   
                                               
3 chansons pour me révolter :
Marine Diam's.
Un jour en France Noir Désir.
J'étais là Zazie.


3 grands classiques : 
Ces gens là Jacques Brel.
Elisa Serge Gainsbourg
La vie en rose Edith Piaf.

3 chansons flashback  :
Smells Like Teen Spirit Nirvana
Roxanne The Police
Wonderwall Oasis

3 chansons du moment :
Mademoiselle Barcella
Les amouratiques Babet
Belleville Soan

3 chansons que j'ai envie de citer, juste comme ça :  
J'envoie valser Zazie.
Dolorosa Cali.
Le tango du qui Olivia Ruiz.

 

dimanche 31 octobre 2010

"Se souvenir des belles choses ♫"

Dimanche matin léthargique, la playlist de mon ordinateur est en lecture aléatoire quand j'entends résonner les premières notes de Trouble (Gaëtan Roussel).  Me voici avec le sourire aux lèvres, en pleine remémoration de son concert aux francofolies. J'avoue que ça n'est pas vraiment de la prestation de l'artiste (qui fut excellente) dont je me souviens mais des quelques fous rires qui ont contribué à rendre ce concert mémorable.

 Oui je sais
c'est moche de se moquer toussa toussa mais Jojo l'italanio macho, si un jour tu me lis sache que je t'aime ! Tu dois être le seul bassiste en France à te permettre ce look magique, costard entièrement boutonné-très ajusté-non le bouton ne va pas exploser, par dessus une chemise très...ben euh...rouge, le tout agrémenté de la moustache hommage à ton adolescence révolue et de regards de crooner
à la Dany Brillant.

Et puis merci à toi Gordon 
qui apparemment est très très connu pour ce beau moment où l'on a pensé que Gaëtan Roussel donnait sa chance à Bob le Bricoleur ou à un technicien perdu. Dans le genre "je me retrouve complétement par hasard au milieu de la scène, devant des milliers de personnes que je ne vois absolument pas, du coup je vais peut-être en profiter pour chanter une chanson quand j'aurai fini ma clope",  je te nomme champion toutes catégories.



Ce moment de nostalgie
m'a amenée à repenser à tous ces concerts marquants ainsi qu'à certaines anecdotes plus ou moins agréables, de ce concert intimiste de Cali à la Maroquinerie à ma presque mort par aplatissage devant Didier Wampas à Bercy. A mes compagnons de concerts, je n'ai qu'une chose à dire : vivement le prochain ! J'ai très envie de râler et de me sentir complétement dépitée devant un artiste décevant ou pour lequel je n'accroche pas du tout, de me moquer gentiment de ceux qui se prennent pour des dieux  internationaux de la musique et surtout de vibrer et vivre des moments uniques avec vous et avec des artistes que
j'apprécie.


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jeudi 28 octobre 2010

Si ce que tu as à dire n'est pas plus beau que le silence...

...alors tais-toi.

Voilà un proverbe qui semble bien illustrer ce que j'ai fait de ce blog ces derniers temps. Pourtant j'en aurais des choses à écrire, à propos de détails  futiles ou de grands événements de cette rentrée. J'aimerais raconter des rencontres et des moments de vie, des réflexions biscornues et des états d'âme tordus  mais je ne trouve pas le temps (ou serait-ce plutôt l'envie ?) de me poser et faire le point sur tout cela.

Dans tous les cas, bien le bonjour à celles et ceux qui prennent peut-être encore le temps de passer ici malgré ma désertion !   


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jeudi 12 août 2010

"Arrêtez le monde, je voudrais descendre"

C'était il y a une éternité. 
Du moins il y a bien longtemps. 
Tout au plus quelques années. 
Hier.

Ce monde qui n'en finit pas de tourner. Vite. Trop vite ! Jusqu'à ce qu'il tombe. Et moi avec. Et nous tous avec. Même ce qui est lent est rapide. Même ce qui est rapide est lent. Ça fiche le tournis. Il suffit de regarder les nuages bouger pour s'en apercevoir. D'ailleurs en se concentrant on peut voir l'aiguille des minutes trotter.
Y'a-t-il un sens à tout ça ?
Attendez moi, je suis en avance !




dimanche 8 août 2010

Je ne veux pas travailler ♫

Aïe les vacances ont failli avoir raison de ce blog, je vais essayer de me ressaisir et de parler un petit peu de ce qui occupe mes journées et mes week ends pour ce mois d'août : mon job d'été !

Depuis des années, je revêts chaque été mon costume de parfaite petite guide pour entrer dans le monde merveilleux du tourisme. Ce monde est peuplé de gens a priori comme vous et moi mais qui sont en réalité d'étranges créatures : les touristes. A force d'expérience, j'en viens à penser que les touristes se rassemblent en organisations secrètes pour monter diverses opérations incognitos dans les musées. Oui oui, je suis sûre qu'ils se distribuent les rôles le matin et qu'il définissent un plan d'action très précis pour tester la capacité des guides à rester calmes et imperturbables. Voici les plus redoutables :

Le touriste étourdi

Celui là n'est généralement pas méchant. Il semble écouter la visite et il acquiesce même de temps en temps pour prouver qu'il suit bien. Seulement, malgré les apparences, il passe le plus clair de son temps à réfléchir à la couleur du cheval blanc d'Henry IV. Il ne voit ni n'entend la guide qui gesticule devant lui. Lorsqu'enfin il revient à lui, il décide qu'il est temps de poser des tas de questions saugrenues à la guide et cette dernière a soudain l'impression d'avoir parlé pendant 1h30 à un poisson rouge...


Le touriste spécialiste

C'est celui qui connaît son sujet sur le bout des doigts, il a passé des nuits entières à réviser et il est bien décidé à prouver qu'il en sait plus que les autres. Alors bien sûr, il choisit la visite guidée pour pouvoir compléter les explications et relever la moindre erreur de vocabulaire. Il est suspendu aux lèvres de la guide pour ne pas risquer de perdre une miette du commentaire. Son moment de jubilation ? C'est quand il parvient à contredire la guide avec preuves à l'appui et que celle-ci doit reconnaître qu'elle s'est trompée devant un groupe de 30 personnes. Il a alors réussi sa journée et retourne réviser un autre sujet histoire d'être au point pour le prochain musée.

Le touriste "drôle"

Mon préféré ! Toujours de bonne humeur, c'est le roi de la blague douteuse qui ne loupe malheureusement aucune occasion d'en placer une. Parfois il se trouve un "public" parmi les autres touristes et assure son one man show. D'autres fois la guide est seule... très seule... et mène une terrible lutte intérieure pour ne pas craquer et partir en pleurant à la mille et unième plaisanterie.

Le touriste fantôme

Celui qu'on ne voit pas, discret et silencieux, on ne l'entend ni partir ni arriver. Il est parfois à la caisse, debout devant la guide qui, plongée dans son livre (il faut bien se reposer un petit peu), sursaute en se rendant soudain compte de sa présence. Cela faisait parfois des heures qu'il attendait là, on l'observant fixement. D'autres fois il se cache dans un coin du musée et réapparaît brusquement avec un sourire en coin au beau milieu d'une conversation "privée" généralement assez négative au sujet de certains visiteurs...

Le touriste silencieux

A ne pas confondre avec le touriste fantôme ! Celui là a dû parier qu'il réussirait à ne pas dire un seul mot. Parfois il vient avec sa famille ou trouve d'autres touristes silencieux et ils jouent tous ensemble au jeu "le premier qui parle a perdu". Alors quand la guide pose une question, ils se regardent les uns les autres, complétement effarés, se demandant comment se sortir de ce mauvais pas. Ils parviennent souvent à résister et gardent le silence avec les yeux baissés au sol, laissant la guide désespérée continuer son looong monologue.

Le touriste déçu qui va en toucher 2 mots au patron

Déçu dès l'arrivée parce que le musée a ouvert à 10h01 et qu'il y a donc 1 minute de retard. Il en parlera au patron. En plus le musée était très mal indiqué, il a perdu 1h à chercher. Il en parlera au patron. En plus, c'est trop cher et il n'a droit à aucun tarif réduit. Il en parlera au patron. En plus les explications de la guide ne sont pas très claires, il a mal entendu et il a trouvé ça très ennuyeux. Il en parlera au patron. En plus l'article qu'il a choisi d'acheter ne passe pas à la caisse (oui parce que ça tombe souvent sur lui, sinon c'est pas drôle). Il en parlera au patron. En plus les guides ne sont pas très aimables avec lui. Il en parlera au patron.
C'est le touriste le plus doué, qui parvient à énerver une guide pour la journée !

Le touriste fatigué.....

......et fatigant ! Il commence par étouffer un petit bâillement par ci par là en s'excusant. Mais après 1h de visite, la gêne s'est évaporée; il baille environ toutes les 3 minutes, donnant ainsi l'occasion à la guide d'admirer ses jolies amygdales. Puis, ne tenant plus, il garde les yeux rivés sur sa montre en essayant de se rappeler l'heure de la fin de la visite.

Le touriste curieux

Il donne l'impression d'être venu pour la guide et non pour le musée. Au début cela semble plutôt flatteur. Après avoir cité sa ville d'origine, le nom de ses parents, de ses grands-parents, de ses arrières grands-parents, la ville dans laquelle elle étudie, les études qu'elle poursuit, son âge, sa couleur préférée..... la guide se demande si le touriste n'est pas en train de mener une enquête.


Voilà une liste non exhaustive dans laquelle je ne cite pas les plus importants : les touristes adorables qui ont le sourire du début à la fin, qui m'apprennent des tas des choses tout en restant très humbles ou qui essaient de me faire croire qu'ils sont passionnés par le sujet et qu'ils n'ont rien vu d'aussi intéressant depuis longtemps, qui se livrent et me parlent de leur vie avec des étincelles dans les yeux... en un mot ceux qui réchauffent le cœur et rendent ce job passionnant.

vendredi 25 juin 2010

"Faites tourner la vie"

Il y a des concerts et LES concerts un peu comme la petite histoire et la Grande Histoire avec plein de majuscules.
LES concerts, de ceux qui vous font vibrer, qui vous transportent tout en haut sur un nuage, il y en a très peu. Et à la fin, il y a cette sensation qu'il faut absolument y retourner, très vite et quoi qu'il en soit.
Il ne ment pas lorsqu'il se présente comme étant : " Barcella, avec deux L pour vous faire voyager"... Il est issue d'une savoureuse rencontre entre un poète, un chansonnier et un conteur qui se seraient réunis pour former une seule et même personne.
J'ai du mal à trouver mes mots ce matin; le concert d'hier résonne encore trop dans ma tête et la probabilité de le revoir ce soir anesthésie quelque peu mes pensées. Je préfère donc laisser l'adresse de son site si le cœur vous en dit :

http://www.myspace.com/barcellafrance


mercredi 23 juin 2010

Hakuna Matata

Le soleil a enfin pointé le bout de son nez.

Il fait doux comme au printemps.

Le vent fait danser le parfum délicieux des roses.

Les cerises ont bientôt fini de mûrir et livrent la promesse d'une jolie récolte.

Les lavandes tout juste fleuries apportent une touche de Provence.

Je viens d'achever la lecture d'un livre plus que bouleversant.

J'apprends que je vais pouvoir traîner ma jeune vieille carcasse en 3ème année d'orthophonie.

Pas l'ombre d'un doute, c'est une belle journée :)







mardi 22 juin 2010

"De ma fenêtre j'vois des autres fenêtres Des gens qui regardent des autres gens ♫"

Il y a parfois des moments de vie très anodins auxquels on repense souvent, sans bien savoir pourquoi.

Ce jour là, je me rendais chez un médecin que je ne connaissais pas encore. Je m'attendais à entrer dans une salle d'attente plutôt froide, austère ou complétement impersonnelle; une salle d'attente médicale. Ou alors je ne m'attendais à rien. Puis, à mon arrivée, j'ai rapidement senti que l'atmosphère n'était pas si lourde qu'à l'habitude. Au début, je ne savais si cela était dû à la petitesse de la pièce ou aux quelques décorations sur les murs.

Je comptais me plonger dans un bon bouquin mais, face au défilé des patients et à ce qui se jouait devant moi, j'ai vite relevé le nez. Les règles de la salle d'attente -tu ne prendras point la parole et tu ne prêteras point attention à ton prochain- étaient complétement chamboulées. La pièce s'est rapidement transformée en petit bistrot de quartier, où chacun a ses habitudes et ses sujets de conversation favoris. Alors j'ai compris que finalement la couleur des rideaux n'avait aucune sorte d'importance, la vraie responsable de cette douce chaleur c'était elle. Une dame coquette d'une toute petite carrure, aux cheveux gris coiffés en un carré impeccable, assise derrière un minuscule bureau de bois. Les gens disent que c'est une secrétaire mais je ne suis pas d'accord; elle, elle n'avait rien d'une secrétaire au sens où on l'entend généralement.

Confidente ! Voilà un terme qui me semble plus adapté. Cernant inconsciemment toute la gentillesse dont elle pouvait faire preuve, les patients successifs ne résistaient pas à l'envie de lui parler et lui parler encore. Ils lui parlaient du beau temps ou de la pluie, du prix du pain, de leurs chiens, de Johnny, de la maladie de Johnny, des concerts de Johnny, de leur mère, de leurs enfants... Et elle leur répondait, toujours avec une très grande courtoisie et en les encourageant à vider leur sac débordant de banalités ou d'un quotidien plus douloureux. Elle leur tendait une oreille attentive, tendre et pleine d'humilité. J'ai d'abord eu un petit peu pitié, me disant que les bavardages incessants et futiles de tous ces inconnus devaient être un enfer lorsqu'on les subissait continuellement. Mais je n'ai lu aucune souffrance, aucun ennui ou aucune marque d'impatience sur son visage. En vérité, elle semblait ravie de ce partage, de pouvoir s'émouvoir d'une naissance ou s'emporter contre le système d'un commun accord avec son interlocuteur. Je dois avouer que j'ai été assez époustouflée par cette femme, visiblement très intelligente et cultivée, offrant tout son temps et toute son âme aux autres.

Ce jour là, j'ai un peu mieux compris le sens du mot sincérité.

Ce jour là, j'ai cru un instant en l'être humain.

samedi 19 juin 2010

Y avait Fernand y avait Firmin Y avait Francis et Sébastien Et puis Paulette...



Laissez moi vous parler un petit peu d'une belle personne qui restera toujours au creux de moi. Et là, tout le monde se dit "oh nooon, un article larmoyant sur une personne qu'on ne connaissait même pas"... ne niez pas, je vous entends penser d'ici ! Eh bien justement ma grand-mère aurait mérité que vous la connaissiez et je vais faire en sorte de ne pas trop m'emporter dans l'écriture d'un texte niais à souhait. Aller, laissez moi vous transporter chez elle et croyez-moi, vous y serez très bien accueillis !

Plantons d'abord le décor, sinon on ne va pas pouvoir bien s'imaginer, vous allez vous ennuyer et vous allez abandonner la lecture pour regarder les petits poissons (à votre droite........ sur l'écran hein ! à moins que vous en ayez à la maison et dans ce cas vous avez dû vous dire : mais comment a-t-elle su ???).
Bref.
Imaginez donc un petit village au cœur de la campagne et une petite rue qui monte qui monte (comme la petite bête). On a qu'à dire qu'on est en automne; regardez bien, vous m'apercevrez peut-être, version miniature et avec des couettes, en train de donner des coups de pieds dans des pommes pour les faire rouler le plus loin possible. Mais regardez plutôt à droite, la maison un peu bancale avec la voiture rouge toute cabossée garée devant. Vous y êtes ! Il ne reste qu'à descendre les quelques escaliers en pierre, trouver que les fleurs plantées à côté sont jolies puis pousser la porte. Mais si ! allez y ! entrez ! vous voyez bien qu'il y a plein de monde à l'intérieur !

Oui ils sont un peu bruyants c'est sûr, mais ils ne sont pas méchants et je parierais qu'ils jouent aux cartes. Tout le monde a son café, tout le monde est un peu (faussement) énervé parce que bien sûr, tout le monde triche. Peut-être que vous ne distinguez pas bien la personne assise au bout à cause du bouquet de roses posé sur la table. Vous avez dû rapidement repérer ma grand-mère au milieu de ce joyeux brouhaha; c'est pas difficile, c'est la plus vieille, avec des lunettes, des cheveux gris et un petit bouton sur le front parce qu'un jour une rose l'a piquée. (J'interdis toute remarque éventuelle sur ma naïveté.) Elle est bavarde hein ? Parlez lui un peu et vous serez sidéré par sa capacité à conclure que "Bien sûr, vous êtes en parenté avec le cousin de la fille de la voisine de Jacques. Asseyez-vous, prenez un café et maintenant on fait une belote".

N'espérez pas vous en sortir comme ça; après quelques heures de jeux et le sempiternel épluchage collectif de patates pour les frites, elle saura tout de vous. A croire qu'elle travaillait pour les services secrets, qui sait ? Mais vous saurez aussi des choses sur elle, comme par exemple qu'elle aurait rêvé d'être hôtesse de l'air, ou institutrice, ou dessinatrice, ou chanteuse... enfin ça dépendait mais elle rêvait. Vous saurez aussi jouer à un tas de jeux de cartes dont vous n'aviez jamais entendu parler (et vous aurez peut-être un léger doute sur les règles, mais tout le monde triche un peu... ). Vous devinerez qu'elle est très gourmande, quoi qu'elle en dise, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Vous connaîtrez sa passion pour le tricot qui m'a permise de porter les plus beaux pulls de l'école, et toc ! Vous apprendrez qu'elle s'appelle Paulette, qu'en réalité c'est Paule mais qu'elle n'a jamais aimé alors elle a un peu changé. Et surtout vous constaterez que sa porte est toujours ouverte, qui que vous soyez et quelle que soit l'heure.

Je pourrais en parler des heures, vous décrire chaque recoin de la maison, chaque chose qu'elle m'a apprise, les longs après-midis de printemps, d'été, d'automne et d'hiver passés avec elle. Je pourrais vous raconter le jardin, les groseilles, les petits cailloux, le camembert dans le café au lait, les chansons, les rires. Je pourrais vous raconter tout ça et bien plus mais j'ai dit "pas de larmoyant" alors je vais m'arrêter là et la remercier de tout mon cœur.


La théorie du lait pour le corps

Ou : il est 9h, j'ai mal dormi et j'ai un peu de temps à tuer

Il m'arrive de me faire des réflexions qui, à première vue, me paraissent intelligentes mais qui au fond sont complétement tordues. Ce matin je n'ai pas dérogé à la règle alors que j'appliquais ma Supercrèmequisentlebébédechezyvesrocher. Quand je l'ai achetée, j'aurais pu passer la journée avec la bouteille sous le nez tellement son parfum me plaisait (ce que je n'ai pas fait pour éviter qu'on me reproche une quelconque confusion mentale). Et là, en ce beau matin pluvieux, diantre ! c'est comme si l'odeur avait disparu ! Pourtant c'est toujours le même pot avec la même crème à l'intérieur et même que c'est toujours écrit "au lait d'avoine" dessus... Alors quel est ce mystérieux phénomène voleur de senteurs ? Il me semble, mais peut-être que je me trompe, que cela tient en un seul mot. Un mot un peu moche, tant par sa forme ingrate (mais ça n'engage que moi) que par son sens : l'habitude. Et malheureusement, j'ai bien peur que l'habitude, cette traîtresse, nous atteigne tous un peu plus chaque jour. On s'habitue au mauvais temps, au bonheur, au malheur, aux cons, à la crise, aux politiciens véreux, à l'amour, à la haine, à la faim dans le monde, à la misère, aux fous, aux génies, à l'argent.... et puis un jour, comble du désespoir, on se rend compte qu'on s'est aussi habitué au parfum de son lait pour le corps.

Help !

vendredi 18 juin 2010

J'ai le talent de ne pas en avoir

Une poignée d'individus naît avec un petit quelque chose en plus. Il y en a même (les chanceux) pour cumuler les petits quelques choses. C'est comme une étincelle au creux de leurs entrailles et il ne tient qu'à eux de l'entretenir pour qu'un jour la flamme devienne un majestueux incendie.

Ô grand marabout distributeur d'étincelles, sachez que l'une des perdantes de votre grande loterie (en d'autres termes : moi) aurait aimé :

-savoir manier les mots avec justesse et posséder une imagination débordante afin d'écrire de longs romans chiants applaudis par la critique

-comprendre la musique pour composer les plus belles chansons du 21ème siècle, rien que ça !

-peindre sans s'emmêler les pinceaux

-chanter juste avec une voix dont on dirait qu'elle est "un don de dieu" (compliment qui, au passage, m'énerverait passablement... mais c'est pour l'image)

-avoir l'intelligence de savoir dessiner, ne serait-ce qu'un bonhomme sympathique quitte à le resservir à toutes les sauces

-être une de ces merveilles de beauté arborant leur original air mystérieux sur papier glacé

-avoir la patience de comprendre le délicat fonctionnement de l'appareil photo puis trouver les modèles, la lumière, l'exposition, la direction du vent, un puits de pétrole (hum je m'égare)

-avoir l'intuition que tel aliment se marierait à merveille avec tel autre mais qu'en mélangeant les deux d'à côté, cela aboutirait à un met terriblement dégueulasse.

-être une formidable oratrice; auquel cas il est possible de se lancer dans la politique, aussi minces soient les idées.

-imaginer de fantastiques robes puis engueuler des centaines de personnes sous prétexte qu'elles ont manqué LE détail clé sur lequel repose tout le succès de la collection

-jouer des concertos à la perfection et voyager dans le monde entier

-etc etc etc (soit une liste encore 100 fois plus longue que la précédente)

Voilà, je ne possède rien de tout cela mais je suis sûre d'une chose : j'ai au moins le talent de ne pas en avoir

jeudi 17 juin 2010

A quoi tu penses ?

Dans une autre vie, j'aurais une boutique. Pas une de ces enseignes modernes qui nous vendent des vêtements fabriqués à l'autre bout du monde, non ! Je parle d'une très vieille boutique, dont le dernier propriétaire aurait disparu depuis si longtemps que les lettres de l'écriteau "à vendre" en seraient devenues presque illisibles. Elle se dresserait au cœur d'une petite rue pavée qui sentirait le lilas au printemps et depuis laquelle on pourrait apercevoir la mer. La devanture en bois et la vitrine poussiéreuse s'excuseraient d'apparaître aussi usées par les assauts du temps mais, avec un œil averti , on pourrait déchiffrer "Antiquités" autrefois écrit en lettres dorées. A l'intérieur le temps serait éternellement figé par une force imperceptible contre laquelle toute tentative de lutte se révèlerait vaine. Le silence se trouverait parfois brisé par le joyeux tintement de la clochette annonçant l'arrivée de quelque visiteur égaré et dont les pas feraient grincer de toutes ses forces le vieux parquet. J'y vendrais de tout et de rien, mais surtout de rien. S'y entasseraient de curieux objets de toutes les tailles et de toutes les formes, des livres anciens écrits par d'illustres inconnus, des meubles autour desquels des générations d'araignées auraient tissé leurs toiles, des tableaux au style douteux, des jouets désuets, d'obscures inventions, des briques et des brocs. Je les connaîtrais sur le bout des doigts après m'être raconté mille et une fabuleuses histoires sur leurs origines, sur leurs propriétaires successifs, sur la raison de leur abandon dans ma boutique. Puis les saisons et les habitants du quartier se succéderaient et je resterais, imperturbable derrière mon comptoir, légèrement courbée sous le poids des années. Les badauds flâneraient de moins en moins devant ma vitrine fantomatique, jusqu'à ce que les gens bien pensants chuchotent que j'ai perdu la tête. L'écriteau "à vendre" continuerait à s'effacer doucement après ma mort, attendant qu'un nouveau propriétaire se risque à le décrocher.

Tu blogues, il/elle blogue... je blogue ?

Après quelques avortons de blogs, je me (re)lance avec une légère angoisse de la page blanche. C'est un comble pour moi qui suis née avec les gènes du bavardage en surnombre. Le problème ? c'est que je voudrais parler de tant de choses différentes que je perds très vite le fil de ma réflexion parfois saugrenue. Alors je n'ai aucune idée d'où cela va me mener mais j'ai bien envie de tenter l'aventure, quitte à me noyer encore et encore dans le flot de mes pensées...

Bienvenue à bord vous qui avez passé la porte et qui vous êtes hasardé à entrer ! J'espère ne pas trop vous flanquer le mal de mer !