Laissez moi vous parler un petit peu d'une belle personne qui restera toujours au creux de moi. Et là, tout le monde se dit "oh nooon, un article larmoyant sur une personne qu'on ne connaissait même pas"... ne niez pas, je vous entends penser d'ici ! Eh bien justement ma grand-mère aurait mérité que vous la connaissiez et je vais faire en sorte de ne pas trop m'emporter dans l'écriture d'un texte niais à souhait. Aller, laissez moi vous transporter chez elle et croyez-moi, vous y serez très bien accueillis !
Plantons d'abord le décor, sinon on ne va pas pouvoir bien s'imaginer, vous allez vous ennuyer et vous allez abandonner la lecture pour regarder les petits poissons (à votre droite........ sur l'écran hein ! à moins que vous en ayez à la maison et dans ce cas vous avez dû vous dire : mais comment a-t-elle su ???).
Bref.
Imaginez donc un petit village au cœur de la campagne et une petite rue qui monte qui monte (comme la petite bête). On a qu'à dire qu'on est en automne; regardez bien, vous m'apercevrez peut-être, version miniature et avec des couettes, en train de donner des coups de pieds dans des pommes pour les faire rouler le plus loin possible. Mais regardez plutôt à droite, la maison un peu bancale avec la voiture rouge toute cabossée garée devant. Vous y êtes ! Il ne reste qu'à descendre les quelques escaliers en pierre, trouver que les fleurs plantées à côté sont jolies puis pousser la porte. Mais si ! allez y ! entrez ! vous voyez bien qu'il y a plein de monde à l'intérieur !
Oui ils sont un peu bruyants c'est sûr, mais ils ne sont pas méchants et je parierais qu'ils jouent aux cartes. Tout le monde a son café, tout le monde est un peu (faussement) énervé parce que bien sûr, tout le monde triche. Peut-être que vous ne distinguez pas bien la personne assise au bout à cause du bouquet de roses posé sur la table. Vous avez dû rapidement repérer ma grand-mère au milieu de ce joyeux brouhaha; c'est pas difficile, c'est la plus vieille, avec des lunettes, des cheveux gris et un petit bouton sur le front parce qu'un jour une rose l'a piquée. (J'interdis toute remarque éventuelle sur ma naïveté.) Elle est bavarde hein ? Parlez lui un peu et vous serez sidéré par sa capacité à conclure que "Bien sûr, vous êtes en parenté avec le cousin de la fille de la voisine de Jacques. Asseyez-vous, prenez un café et maintenant on fait une belote".
N'espérez pas vous en sortir comme ça; après quelques heures de jeux et le sempiternel épluchage collectif de patates pour les frites, elle saura tout de vous. A croire qu'elle travaillait pour les services secrets, qui sait ? Mais vous saurez aussi des choses sur elle, comme par exemple qu'elle aurait rêvé d'être hôtesse de l'air, ou institutrice, ou dessinatrice, ou chanteuse... enfin ça dépendait mais elle rêvait. Vous saurez aussi jouer à un tas de jeux de cartes dont vous n'aviez jamais entendu parler (et vous aurez peut-être un léger doute sur les règles, mais tout le monde triche un peu... ). Vous devinerez qu'elle est très gourmande, quoi qu'elle en dise, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Vous connaîtrez sa passion pour le tricot qui m'a permise de porter les plus beaux pulls de l'école, et toc ! Vous apprendrez qu'elle s'appelle Paulette, qu'en réalité c'est Paule mais qu'elle n'a jamais aimé alors elle a un peu changé. Et surtout vous constaterez que sa porte est toujours ouverte, qui que vous soyez et quelle que soit l'heure.
Je pourrais en parler des heures, vous décrire chaque recoin de la maison, chaque chose qu'elle m'a apprise, les longs après-midis de printemps, d'été, d'automne et d'hiver passés avec elle. Je pourrais vous raconter le jardin, les groseilles, les petits cailloux, le camembert dans le café au lait, les chansons, les rires. Je pourrais vous raconter tout ça et bien plus mais j'ai dit "pas de larmoyant" alors je vais m'arrêter là et la remercier de tout mon cœur.
Plantons d'abord le décor, sinon on ne va pas pouvoir bien s'imaginer, vous allez vous ennuyer et vous allez abandonner la lecture pour regarder les petits poissons (à votre droite........ sur l'écran hein ! à moins que vous en ayez à la maison et dans ce cas vous avez dû vous dire : mais comment a-t-elle su ???).
Bref.
Imaginez donc un petit village au cœur de la campagne et une petite rue qui monte qui monte (comme la petite bête). On a qu'à dire qu'on est en automne; regardez bien, vous m'apercevrez peut-être, version miniature et avec des couettes, en train de donner des coups de pieds dans des pommes pour les faire rouler le plus loin possible. Mais regardez plutôt à droite, la maison un peu bancale avec la voiture rouge toute cabossée garée devant. Vous y êtes ! Il ne reste qu'à descendre les quelques escaliers en pierre, trouver que les fleurs plantées à côté sont jolies puis pousser la porte. Mais si ! allez y ! entrez ! vous voyez bien qu'il y a plein de monde à l'intérieur !
Oui ils sont un peu bruyants c'est sûr, mais ils ne sont pas méchants et je parierais qu'ils jouent aux cartes. Tout le monde a son café, tout le monde est un peu (faussement) énervé parce que bien sûr, tout le monde triche. Peut-être que vous ne distinguez pas bien la personne assise au bout à cause du bouquet de roses posé sur la table. Vous avez dû rapidement repérer ma grand-mère au milieu de ce joyeux brouhaha; c'est pas difficile, c'est la plus vieille, avec des lunettes, des cheveux gris et un petit bouton sur le front parce qu'un jour une rose l'a piquée. (J'interdis toute remarque éventuelle sur ma naïveté.) Elle est bavarde hein ? Parlez lui un peu et vous serez sidéré par sa capacité à conclure que "Bien sûr, vous êtes en parenté avec le cousin de la fille de la voisine de Jacques. Asseyez-vous, prenez un café et maintenant on fait une belote".
N'espérez pas vous en sortir comme ça; après quelques heures de jeux et le sempiternel épluchage collectif de patates pour les frites, elle saura tout de vous. A croire qu'elle travaillait pour les services secrets, qui sait ? Mais vous saurez aussi des choses sur elle, comme par exemple qu'elle aurait rêvé d'être hôtesse de l'air, ou institutrice, ou dessinatrice, ou chanteuse... enfin ça dépendait mais elle rêvait. Vous saurez aussi jouer à un tas de jeux de cartes dont vous n'aviez jamais entendu parler (et vous aurez peut-être un léger doute sur les règles, mais tout le monde triche un peu... ). Vous devinerez qu'elle est très gourmande, quoi qu'elle en dise, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Vous connaîtrez sa passion pour le tricot qui m'a permise de porter les plus beaux pulls de l'école, et toc ! Vous apprendrez qu'elle s'appelle Paulette, qu'en réalité c'est Paule mais qu'elle n'a jamais aimé alors elle a un peu changé. Et surtout vous constaterez que sa porte est toujours ouverte, qui que vous soyez et quelle que soit l'heure.
Je pourrais en parler des heures, vous décrire chaque recoin de la maison, chaque chose qu'elle m'a apprise, les longs après-midis de printemps, d'été, d'automne et d'hiver passés avec elle. Je pourrais vous raconter le jardin, les groseilles, les petits cailloux, le camembert dans le café au lait, les chansons, les rires. Je pourrais vous raconter tout ça et bien plus mais j'ai dit "pas de larmoyant" alors je vais m'arrêter là et la remercier de tout mon cœur.

Moi je ne l'ai connue pas assez longtemps, mais en ces quelques années elle a été plus une grand mère pour moi que celle "génétique" qu'il me reste.
RépondreSupprimerje garde en moi une image, celle de la mamie imperturbable à qui son petit fils amène une fille un soir comme ça sans la prévenir et à qui elle dit: "mettez vos fesses sur une chaise on va faire des frites" avant de la cuisiner tranquillement....
Cet amour inconditionnel à ses fils, ses petits et arrières petits enfants..pour moi une grande découverte...
Putain c'était trop tôt!
Véro
Oui... j'avais encore plein de choses à apprendre !
RépondreSupprimerAutre possibilité, vous emmenez Paulette dans un endroit plein de monde loin de chez elle et vous la lâchez. Vous revenez 2 heures plus tard et elle connaît tout le monde !
RépondreSupprimerQue de fêtes, de jeux du cirque, de rires, de bouffes plus ou moins risquées, de bonheur !
C'était une femme d'extérieur qui ne se plaisait chez elle que s'il y avait du monde.
Elle était toujours prête à partir, quelle que soit sa tenue et l'heure de la journée.
Je pense qu'elle aurait eu sa place chez les pionniers de l'aviation ou avec Marco Polo...
Philippe
Les bouffes risquées... c'est le moins qu'on puisse dire, surtout quand il s'agissait des fameux bocaux ! N'empêche que j'ai un estomac qui tient tous les chocs, coïncidence ?
RépondreSupprimerPour le reste, je ne l'ai jamais entendu dire qu'elle n'avait pas envie d'aller quelque part et je crois qu'elle battait tout le monde en termes de temps de préparation... 5 minutes chrono pour rassembler tout ce qu'il fallait et attendre le départ dans une voiture !