jeudi 17 juin 2010

A quoi tu penses ?

Dans une autre vie, j'aurais une boutique. Pas une de ces enseignes modernes qui nous vendent des vêtements fabriqués à l'autre bout du monde, non ! Je parle d'une très vieille boutique, dont le dernier propriétaire aurait disparu depuis si longtemps que les lettres de l'écriteau "à vendre" en seraient devenues presque illisibles. Elle se dresserait au cœur d'une petite rue pavée qui sentirait le lilas au printemps et depuis laquelle on pourrait apercevoir la mer. La devanture en bois et la vitrine poussiéreuse s'excuseraient d'apparaître aussi usées par les assauts du temps mais, avec un œil averti , on pourrait déchiffrer "Antiquités" autrefois écrit en lettres dorées. A l'intérieur le temps serait éternellement figé par une force imperceptible contre laquelle toute tentative de lutte se révèlerait vaine. Le silence se trouverait parfois brisé par le joyeux tintement de la clochette annonçant l'arrivée de quelque visiteur égaré et dont les pas feraient grincer de toutes ses forces le vieux parquet. J'y vendrais de tout et de rien, mais surtout de rien. S'y entasseraient de curieux objets de toutes les tailles et de toutes les formes, des livres anciens écrits par d'illustres inconnus, des meubles autour desquels des générations d'araignées auraient tissé leurs toiles, des tableaux au style douteux, des jouets désuets, d'obscures inventions, des briques et des brocs. Je les connaîtrais sur le bout des doigts après m'être raconté mille et une fabuleuses histoires sur leurs origines, sur leurs propriétaires successifs, sur la raison de leur abandon dans ma boutique. Puis les saisons et les habitants du quartier se succéderaient et je resterais, imperturbable derrière mon comptoir, légèrement courbée sous le poids des années. Les badauds flâneraient de moins en moins devant ma vitrine fantomatique, jusqu'à ce que les gens bien pensants chuchotent que j'ai perdu la tête. L'écriteau "à vendre" continuerait à s'effacer doucement après ma mort, attendant qu'un nouveau propriétaire se risque à le décrocher.

3 commentaires:

  1. J'aime beaucoup ton style d'écriture et je suis ravie que tu te sois décidée pour ce blog auquel je souhaite longue vie!:)

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  2. Merci beaucoup Romanie; je me répète mais c'est un premier essai alors ça me fait plaisir qu'on ne me lance pas des tomates virtuelles :)
    bisous

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