Je sais, le langage en soi est déjà une abstraction etc etc mais ce n'est pas de linguistique que je veux parler ici. Il y a des moments (et j'espère ne pas être la seule) où j'ai l'impression de ne rien saisir à ce qu'on me dit, un peu comme si mon interlocuteur s'était subitement mis à parler Russe. Plutôt que de penser que j'ai un problème de compréhension, je préfère me dire que certains parlent un langage étrange, un langage abstrait.
D'abord il y a le langage abstrait qui ressemble à ça :
On entend des mots, pas trop compliqués, qui mis ensembles semblent former des phrases tout ce qu'il y a de plus banales. Jusque là tout va bien sauf qu'à bien y réfléchir, le sens de tout cela n'est pas des plus évidents.C'est par exemple ce que je ressens à l'écoute de Banco des Têtes Raides :
"Une chaise s'est assise sur ma tête
Ma vie ne tenait plus qu'à une assiette
J'ai dit Banco
Je m'en ferai un chapeau
Tous au galop
Faut qu'on se réveille bientôt"
Ma vie ne tenait plus qu'à une assiette
J'ai dit Banco
Je m'en ferai un chapeau
Tous au galop
Faut qu'on se réveille bientôt"
Ok....Bon en creusant un peu, on parvient à comprendre faire des liens et à se forger une interprétation très...personnelle.
Dans cette même lignée il y a aussi des moments où ça ne veut absolument rien dire mais où c'est très con et donc très drôle (je pense au kakamou kakamou kakamoulox ).
Mais il y a aussi le langage abstrait capillotracté :
Aaaah l'abstrait à l'état pur, les gens qui parlent en utilisant des mots, tournures de phrases, idées et références qu'environ 0,01% de la population peut comprendre. On a beau écouter, se concentrer, tout tenter pour trouver du sens, y'a rien à faire... C'est comme essayer de défoncer une porte blindée, on se fait mal au crâne, en vain. Il y a plusieurs solutions face à cette situation : faire semblant de suivre en ponctuant la "conversation" de quelques "ah, oh, ah oui, d'accord", noter consciencieusement ce qui est dit s'il s'agit d'un cours, dans l'espoir fou de comprendre plus tard ou, dans les cas extrêmes, simuler un malaise/étouffement/oubli d'un rendez-vous important et s'arranger pour ne plus jamais rencontrer l'interlocuteur.
Une autre forme courante de l''abstrait, c'est le "ni vu ni connu j'embrouille" :
Ça ne paie pas vraiment de mine mais ça hypnotise et met le cerveau dans une espèce de stand-by infernal. C'est le langage faussement concret des politiques. Ils parlent "la langue du peuple" pour se mettre au niveau de Robert qui boit sa bière devant la télé et qui tombe tout à coup sur un discours super important (ouh j'ai honte de mon cliché). Donc on a l'impression de suivre les idées, on adhère tellement tout cela semble simple et évident ! Le politicien réfléchit pour nous, il ne reste plus qu'à acquiescer. C'est dangereux ça et il faut de l'entraînement pour remarquer que la douce mélodie qu'on nous chante n'est qu'un tissu de conneries parfois très loin de la réalité...
Enfin, ma forme préférée, c'est l'abstrait junior :
Il s'agit ici de placer le maximum d'idée en un minimum de temps. Tant pis s'il n'y a aucun lien entre la maîtresse, le Père Noël, la voiture de tonton Gilbert et la chouette dans Harry Potter. Il faut parler parler parler parler et parler encore. C'est là qu'on se dit que c'est quand même super giga méga cool d'avoir 4 ans !


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire