Hier j'ai longuement fixé mon paquet de sucre de canne avec une profonde nostalgie. La raison ? Non il ne me manque pas une case (quoi que)... en fait il est simplement écrit dessus « en provenance de la Réunion ». Proust a sa madeleine, j'ai mon sachet de sucre...
Dans le passé, j'ai eu la chance de partir à la Réunion puis dans les Antilles à plusieurs reprises. Alors dans une période comme celle-ci, avec au menu brouillard-trombes de pluie-tas de neige à moitié fondue-pieds trempés, j'ai l'impression d'avoir le « mal du pays ». C'est peut-être étrange parce que ce sont des endroits dans lesquels je n'ai jamais vécu mais, par moments, je crève d'envie de retourner là-bas...
D'abord, les odeurs me manquent terriblement ; celles des marchés qui étalent leurs mille épices (que l'odeur du curry soit bénite), celles des fruits frais gorgés de soleil et surtout, celles de la végétation après la pluie. Là-bas la pluie est un moment magique, bien loin de cette bruine glacée d'ici qui peut tomber des jours durant. C'est une pluie qui arrive souvent sans crier gare et qui nous assomme tellement elle est puissante. On se trouve alors pris au délicieux piège d'un rideau de pluie. Elle est tiède et c'est un plaisir que de se laisser tremper, le visage tourné vers le ciel. Et puis, quand après quelques minutes de douche le soleil repointe le bout de son nez, la végétation nous livre toute une palette de savoureuses odeurs. C'est réellement enivrant, parfois j'arrive presque à me souvenir parfaitement de cette odeur particulière.
Et puis il y a l'océan... L'océan qui se déchaîne et vient s'écraser contre les rochers, rappelant qu'il a pris la vie de beaucoup de personnes. A la Réunion en particulier, il peut être très violent et j'avais été marquée par un endroit où les amoureux éconduits allaient se jeter dans les flots. Je me rappelle bien la croix sur un des sombres rochers, symbole de toutes ces âmes perdues. L'océan qui à d'autres endroits est aussi calme et imprévisible qu'un chat endormi. L'océan aux mille couleurs et à l'eau transparente qui nous offre une faune et une flore sous-marines juste incroyables. L'océan que l'on devine grâce au va-et-vient régulier des vagues une fois la nuit tombée; qui est alors mystérieux et se transforme en une immensité noire légèrement angoissante. L'océan sur lequel naviguent des voiliers gigantesques et de grands ferrys dont on peut s'amuser à imaginer la destination. L'océan qui donne une incroyable sensation de liberté et d'aboutissement au coucher du soleil.
Et puis il y a la chaleur que le vent fait danser, elle est douce et enveloppante comme une cocon. Cette chaleur qui est aussi dans le cœur des gens et qui nous fait oublier nos chagrins.
Et puis il y a le rythme de vie où chaque instant s'étire à l'infini, qui ne connaît pas le mot « stress » pourtant martelé par la société. Là-bas la vie dure 1000 ans alors qu'ici nous nous réveillons un beau matin pour mourir le soir même, à bout de souffle.
En me relisant je me rends compte que cet article ne me satisfait pas. Je n'arrive pas vraiment à exprimer toute la sérénité que j'ai pu ressentir là-bas, et je crois que comme pour beaucoup de choses, il faut le vivre pour le comprendre. Souvent je me demandais si tout cela était réel, à chaque voyage je me suis pincée au moins une fois...au cas où...
En me relisant je me rends compte que cet article ne me satisfait pas. Je n'arrive pas vraiment à exprimer toute la sérénité que j'ai pu ressentir là-bas, et je crois que comme pour beaucoup de choses, il faut le vivre pour le comprendre. Souvent je me demandais si tout cela était réel, à chaque voyage je me suis pincée au moins une fois...au cas où...
Voilà donc mes rêveries actuelles, desquelles je suis violemment extirpée par le froid ambiant et cette vie qui va à cent à l'heure. Mais d'ici quelque temps, il ne tiendra qu'à moi de choisir entre le rêve et la réalité !

Photos prises à la Réunion, 1995


:) On a tous besoin d'un petit coin de Paradis ! J'avoue c'est paradisiaque ! Ces décors de carte postale, la sincérité que l'on sent autour de soi... Et les coulées de lave du Piton de la Fournaise, juste magnifique !
RépondreSupprimerC'est super bien écrit, la Canne, les épices, on s'y croirait !
Le volcan... je me souviens que nous étions allés visiter la maison du Volcan, une sorte de musée où j'aurais pu passer la journée ! J'ai aussi été fascinée par tous les endroits où de la lave solidifiée témoigne des éruptions passées. J'ai oublié tous les noms mais j'ai été marquée par une église parce qu'une coulée de lave s'était arrêtée juste à sa porte. Enfin je ne sais pas, c'était peut-être légèrement exagéré, je n'étais pas bien vieille à l'époque ^^
RépondreSupprimerHey si tu pars t'installer là-bas, je viendrais te faire plein de coucous!\o/
RépondreSupprimerJ'espère bien :)
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